Neuf morts en trois semaines de manifestations — Venezuela

21 Avril, 2017, 19:28 | Auteur: Edgar Lajoie
  • La Garde nationale vénézuélienne déployée lors

"Nous allons nous regrouper et continuer", a-t-il prévenu, alors que des groupes d'opposants toujours plus nombreux se réunissaient en divers endroits de Caracas.

La veille, un adolescent de 17 ans et une femme de 23 ans ont été tués, respectivement à Caracas et San Cristobal, par les tirs d'inconnus encagoulés circulant à moto, selon le parquet.

Un prêtre de 42 ans était au nombre des manifestants, accusant le gouvernement de violer les droits de la population à se nourrir et à s'exprimer librement. Des témoins ont indiqué que les auteurs des tirs faisaient partie dans les deux cas des " colectivos, " des groupes de civils armés par le gouvernement selon l'opposition. "Ils viennent d'assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les 'pacifiques'", a déclaré à la télévision Diosdado Cabello. Au total, 7 personnes sont décédées depuis avril, dont un militaire, mort comme 4 autres personnes ce mercredi...

Des troubles sporadiques se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi dans certains quartiers de Caracas et d'autres villes, avec des pillages de boulangeries et supermarchés.

Dans un climat extrêmement tendu, les accès de la capitale étaient bloqués par un important déploiement policier et militaire, qui repoussait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov.

"Il faut sortir de cette dictature".

La situation politique est en train de dégénérer à Caracas avec une septième manifestation massive ce jeudi des opposants au président Nicolas Maduro.

M. Maduro est un "président véritablement chaviste (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, ndlr) que les forces armées admirent profondément", a affirmé le général Padrino Lopez, balayant ainsi les fissures apparues ces dernières semaines dans le clan présidentiel, avec notamment de dures critiques formulées par la procureure générale de la Nation. - Pression internationale - M. Maduro a activé depuis mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire.

"L'opposition est plus unie que jamais", explique l'analyste Luis Vicente Leon, jugeant "probable" que la manifestation de mercredi soit "la plus grande contre le chavisme".

Le représentant intérimaire des Etats-Unis, Kevin Sullivan, a rejeté "les allégations infondées et déraisonnables faites par le représentant du Venezuela à propos de notre soutien à un coup au Venezuela ainsi qu'à des manifestations violentes".

"Nous sommes préoccupés par le fait que le gouvernement de Maduro viole sa propre Constitution et n'autorise pas l'opposition à faire entendre sa voix", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

Lundi, onze pays latino-américains ont demandé au Venezuela de "garantir" le droit de manifester pacifiquement.

Cette vague de manifestations a débuté le 1er avril quand la Cour suprême s'est arrogée les prérogatives du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l'a poussée à revenir en arrière 48 heures plus tard.

Dans tout le pays, des marches ont eu lieu pour réclamer un calendrier électoral, l'arrêt des mesures répressives à l'encontre des manifestants et le respect du travail du Congrès, où l'opposition est majoritaire.

Et le chef de l'Etat, dont le mandat court jusqu'à fin 2019, a assuré souhaiter des élections "bientôt" pour "gagner définitivement" la bataille, alors que sept Vénézuéliens sur dix souhaitent son départ, selon un sondage Venebarometro.

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