Trois morts dans des manifestations contre le président Maduro — Venezuela

21 Avril, 2017, 20:45 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Des manifestants marchent à Caracas pour protester contre la politique du président vénézuélien Nicolas Maduro le 13 avril 2017

Il parlait lors d'une conférence de presse de la Table de l'union démocratique (MUD), la coalition de l'opposition.

Un manifestant nu monte sur un blindé des forces de l'ordre, le 20 avril 2017 à Caracas (Venezuela), lors d'une manifestation contre le président. La veille, un adolescent de 17 ans et une femme de 23 ans ont été tués, respectivement à Caracas et San Cristobal (ouest) par les tirs d'inconnus encagoulés circulant à moto, selon le parquet.

"Cette politique du deux poids - deux mesures menée par ces gouvernements pour valider la violence vandale de l'opposition est vulgaire".

Plusieurs centaines de milliers de personnes s'étaient ainsi rassemblées mercredi dans la capitale Caracas ainsi que dans de nombreuses autres villes du Venezuela, afin de protester contre la maintien au pouvoir de Nicolas Maduro, considéré par l'opposition comme le principal responsable de la situation critique que traverse actuellement le pays. "Ils viennent d'assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les 'pacifiques'", a déclaré à la télévision Diosdado Cabello.

Le parquet a confirmé à l'AFP la mort d'un militaire.

Pendant la journée, dans un climat extrêmement tendu, les accès de la capitale ont été bloqués par un important déploiement policier et militaire, qui repoussait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov.

Au Venezuela, l'opposition appelle à de nouvelles manifestations contre le président Nicolas Maduro ce jeudi.

Une vingtaine de stations de métro et de nombreux commerces de Caracas ont été fermés. "Le Plan Zamora, le général à la retraite Cliver Alcala, est un plan stratégique et opérationnel activant la défense de la Nation en cas de menaces à l'ordre interne (.) Mais sa mise en œuvre me paraît destinée à intimider".

Ces accusations " infondées et déraisonnables " ont été rejetées par Washington, par la voix de son représentant intérimaire à l'Organisation des Etats américains (OEA), Kevin Sullivan. Il a plaidé pour la reprise du dialogue entre gouvernement et opposition.

Deux étudiants ont été tués lors de ces rassemblements. Appel aussitôt rejeté par le gouvernement qui l'a qualifié d'"ingérence grossière". La Cour a toutefois dû faire machine arrière après le tollé diplomatique suscité par cette décision.

"L'opposition est plus unie que jamais".

"Personne ne se rend, notre devoir est de défendre la Constitution", a déclaré Henrique Capriles, un des chefs de l'opposition et ancien candidat à la présidentielle de 2013, qui a demandé la "coopération" des entreprises et des universités pour que "le peuple puisse se mobiliser librement dans tout le Venezuela". Il a pourtant assuré mercredi souhaiter des élections "bientôt", pour "gagner définitivement" la bataille.

En réponse à la série de manifestations et à l'intensification des violences, le président Maduro a autorisé mardi l'entrée en vigueur d'un plan de défense renforçant la présence militaire et policière dans tout le pays. "Ils violent les lois internationales afin de justifier leur interventionnisme", a réagi sur Twitter Delcy Rodriguez, la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères. "Moi je suis disposé à sortir (manifester) dans la rue tous les jours si c'est nécessaire", a confié à l'AFP Aquiles Aldarozo, étudiant de 22 ans qui portait jeudi une pancarte marquée "Celui qui ne bouge pas n'entend pas le bruit de ses chaînes". Il est probable que la manifestation (de mercredi) sera la plus grande contre le chavisme.

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