Trump félicite Erdogan pour le résultat du référendum turc — Pouvoir et alliances

21 Avril, 2017, 01:15 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan pose avec sa femme Emine Erdogan devant des partisans le 16 avril 2017 à Istanbul

"Le référendum a eu lieu dans un environnement politique dans lequel les libertés fondamentales essentielles à un processus démocratique étaient étouffées par l'état d'urgence", ajoute Tana de Zulueta, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), citée par le quotidien.

Le président russe Vladimir Poutine a téléphoné à M. Erdogan pour le féliciter, comme son homologue américain Donald Trump l'avait fait lundi, mais l'Union européenne a appelé Ankara à une "enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs" internationaux, exhortant à la "retenue". "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer", a-t-il lancé à ses supporters.

Le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde) ont dénoncé cette décision et affirmé qu'ils demanderaient un recomptage d'au moins un tiers des voix. Ils ont dénoncé une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral (YSK), celle de considérer comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l'urne. L'opposition y a vu une manœuvre rendant la fraude possible.

Comment voyez-vous l'avenir des relations de la Turquie d'Erdogan avec l'Union européenne (UE)? Expatrié aux Etats-Unis depuis les années 90, il avait mis ses réseaux au service de l'ascension d'Erdogan jusqu'au début des années 2010.

"Je suis convaincu que M. Trump accomplira ce que le président (Barack) Obama a échoué à accomplir", a déclaré M. Erdogan sur A News, au sujet de la demande d'extradition du prédicateur Gülen, restée lettre morte à ce jour.

Erdogan, qui a salué, dimanche soir, une décision "historique", devait présider dans la soirée un Conseil des ministres au palais présidentiel à Ankara, selon la presse turque.

Le CHP a cependant contesté ce résultat. Il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

Faisant fi des contestations de l'opposition, le parti au pouvoir (AKP) a d'ores et déjà annoncé qu'il proposerait fin avril à M. Erdogan de retrouver sa place dans ses rangs, appliquant ainsi le premier point d'une réforme -il ne pouvait jusqu'alors pas rejoindre un parti- dont la plupart des volets entreront en vigueur après les élections présidentielle et législatives de 2019. "Il risque de mettre les bouchées doubles sur sa ligne très dure".

Mais pour Murat Yetkin, rédacteur en chef du quotidien anglophone Hurriyet Daily News, "cette victoire étriquée ne l'autorisera pas à agir aussi librement qu'il le pourrait avec une marge plus importante".

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