Turquie : l'opposition veut faire annuler le scrutin

21 Avril, 2017, 00:48 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Les partisans du

La campagne pour le référendum en Turquie sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan s'est déroulée dans des conditions inéquitables, a estimé lundi une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe.

"Le référendum s'est déroulé sur un terrain inégal et les deux camps en campagne n'ont pas bénéficié des mêmes opportunités", a déclaré Cezar Florin Preda, le chef de la délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

"Ils préparent un rapport à leur goût".

Les deux principaux partis de l'opposition turque, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), sont allés plus loin et ont dénoncé des "manipulations" pendant le scrutin et annoncé leur intention de demander le recomptage des voix.

Faisant fi des critiques, le parti au pouvoir (AKP) a d'ores et déjà annoncé qu'il proposerait fin avril à M. Erdogan de retrouver sa place dans ses rangs, premier point de la réforme -il ne pouvait jusqu'alors pas rejoindre un parti-, dont la plupart des volets entreront en vigueur après les élections présidentielle et législatives de 2019.

Les soupçons de fraude émis par l'opposition sont nés d'une décision de dernière minute par le Haut-Conseil électoral (YSK) de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. Il a souligné que le plébiscite en Turquie relevait de la souveraineté du pays, ajoutant qu'il fallait respecter la volonté du peuple turc.

"Globalement, le référendum n'a pas été à la hauteur des critères du Conseil de l'Europe", a-t-il toutefois noté, avant d'ajouter que "le cadre légal était inadéquat" s'agissant d'obtenir "un processus véritablement démocratique".

La campagne pour le référendum aura été caractérisée par une extrême virulence qui a davantage polarisé la société, les dirigeants turcs assimilant les parti " sans du "non" à des complices des "terroristes" et des "putschistes".

Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part jugé les conclusions des observateurs "inacceptables".

Le Haut-Conseil électoral turc (YSK) a rejeté mercredi les recours déposés par l'opposition.

Or, selon Mme de Zulueta, certaines de ces populations déplacées n'ont pas pu s'inscrire sur des registres électoraux ou accéder à leur bureau de vote.

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