Une victoire étriquée du "oui" en Turquie

21 Avril, 2017, 03:17 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Selon les observateurs internationaux Recep Tayyip Erdogan a bénéficié de conditions privilégiées pour faire campagne

En cause, la décision du YSK de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales.

M. Yildiirm a indiqué mardi que M. Erdogan serait invité, après l'annonce des résultats définitifs fin avril, à réintégrer le parti au pouvoir (AKP), appliquant ainsi le premier point d'une réforme dont la plupart des volets entreront en vigueur en 2019. Et ils ont annoncé leur intention de demander le recomptage des voix.

Le principal parti d'opposition, le CHP, et la formation prokurde, le HDP, affirment que cette décision de l'YSK pourrait avoir favorisé la victoire du camp du +oui+ qui a remporté le scrutin d'une courte tête avec 51,4% des voix, selon un comptage provisoire des médias.

Au lendemain de cette victoire étriquée du "oui", le président Erdogan a rejeté lundi les critiques des observateurs étrangers sur le déroulement de la consultation, dénonçant une "mentalité de croisés".

Pourtant, les observateurs du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) estiment que le référendum qui a vu le "oui " l'emporter s'est déroulé dans des conditions inéquitables. "Le président Trump a remercié Erdogan de soutenir cette action des Etats-Unis et les dirigeants ont convenu de l'importance de tenir le président syrien Bachar el-Assad pour responsable" de ces attaques, a-t-elle ajouté, dessinant un front américano-turc face à l'alliance des Russes et des Iraniens autour de Damas. 'Le Turquie ouvre une nouvelle page de son histoire démocratique', a-t-il lancé.

La Commission européenne a souligné les " sérieuses préoccupations " exprimées par le Conseil de l'Europe au sujet des modifications de la constitution turque, soumises au referendum du 16 avril prochain.

"Néanmoins " il est clair que les presque 50% des Turcs qui ont voté +non+ attendent de l'Europe qu'elle continue à s'engager avec la Turquie", soulignai l'analyste".

A Istanbul, dans le quartier anti-Erdogan de Besiktas, plusieurs centaines de personnes ont de nouveau manifesté dans la soirée contre le résultat du référendum, a rapporté un photographe de l'AFP.

Les Européens les plus intransigeants ont d'ores et déjà réitéré leur appel à arrêter les négociations d'adhésion, comme le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, ou le chef de file des socialistes au Parlement européen, Gianni Pittella. Le rapporteur sur la Turquie Kati Piri (groupe socialiste) préfère retenir du référendum de dimanche " les millions de citoyens turcs qui partagent les mêmes valeurs européennes et qui ont choisi un avenir différent pour leur pays ". Le chef de l'État turc, conforté, a salué pour sa part une "décision historique" prise par son peuple.

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