Charlotte Gainsbourg, reine du glamour pour l'ouverture du Festival de Cannes

18 Mai, 2017, 18:01 | Auteur: Gregory Millet
  • Charlotte Gainsbourg à propos de son père:

Réalisateur, Ismaël (Mathieu Amalric) est en crise de création sur son dernier film qui adapte la vie de son frère dans une fiction d'espionnage. Une histoire d'insomniaque, forcément. L'utilisation des codes des films de genre pour mieux nous surprendre, l'imbrication des intrigues entre elles et sa mise en scène fluide malgré la complexité des liens entre les personnages.

Avant de monter les marches ce mercredi soir, les deux héroïnes des "Fantômes d'Ismaël" se sont pliées au traditionnel exercice du photocall avec toute l'équipe du film.

Cette " Director's cut ", comme l'appellent les Américains, n'est pas la version que l'on verra à Cannes, ni même en salles (à des rares exceptions près, au Cinéma du Panthéon et sur quelques écrans en région). Que ce soit en matière de cadrage, de lumière et de montage, il a une patte, une vraie, qui en a fait, d'emblée, depuis ses débuts, un des plus éblouissants cinéastes de sa génération. On le voit se rendre dans une prison du Tadjikistan pour interroger un détenu suspect. Un film, certes dense et profond, mais à l'image du personnage d'Ismaël, incarné en mode clone par Amalric: fiévreux, hagard, cyclothymique ...

C'est une histoire d'amour. Et des nouveaux, comme Louis Garrel, chouchou de Christophe Honoré, Charlotte Gainsbourg et Marion Cotillard, qui avait fait une apparition fugace dans Comment je me suis disputée (ma vie sexuelle), deuxième long métrage du réalisateur sorti en 1996. C'est alors que surgit son ex-femme Carlotta (Marion Cotillard), qu'il croyait morte car elle avait mystérieusement disparu de sa vie vingt ans auparavant.

Mais Carlotta est-elle bien réelle?

Marion Cotillard danse bien. La manifestation concrète d'une blessure irrésolue?

Pour son réalisateur Arnaud Desplechin, Les Fantômes d'Ismaël est un film comprenant cinq films. C'est le point fort des Fantômes d'Ismaël : une manière de jouer avec des codes revendiqués sans avoir peur de suffoquer. Le magazine Première, par exemple, affiche clairement sa préférence: "Les dix-sept minutes supplémentaires apportent une fluidité et une conclusion plus satisfaisantes que la "version française" dont certaines ellipses apparaissent un brin frustrantes". Dans des registres forcément différents, les deux actrices donnent du corps à ce beau film dans lequel Arnaud Desplechin aborde avec beaucoup d'autodérision des thèmes qui lui sont chers comme le vertige du deuil ou la nécessité du cinéma, avec de nombreuses références à ses précédents films.

Avec "Les fantômes d'Ismaël", le phénomène se répète car c'est du Desplechin pur jus.

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