Crédit lyonnais: Bernard Tapie condamné définitivement à rembourser 404 millions d'euros

18 Mai, 2017, 23:01 | Auteur: Stephane Girardot
  • Bernard Tapie le 15 novembre 2013 à Marseille  AFP  Archives

Autrement dit, c'est de l'argent public qui était ainsi versé directement dans la poche de Bernard Tapie, au titre des dommages qu'il aurait subi lors de la revente d'Adidas en 1992 par le Crédit lyonnais, à qui il avait donné mandat. La question est désormais de savoir comment nous allons recouvrer les 404 millions auxquels s'ajoutent des intérêts considérables: "environ 40 millions d'euros au 30 novembre 2015", a ainsi réagi M Jean-Pierre Martel, avocat historique du CDR. Celui-ci s'estime alors floué dans la procédure et entame une procédure judiciaire.

La cour de Cassation a confirmé ce jeudi que l'homme d'affaires devra rembourser les sommes que lui avaient octroyées trois juges arbitres en 2008 pour régler son litige avec le Crédit lyonnais.

"Je pensais que même lorsqu'on s'appelle Bernard Tapie on avait le droit à être jugé sereinement et équitablement". Sauf que la décision est annulée par la justice en février 2015.

C'est dans ce dossier tentaculaire qui occupe les prétoires depuis plus de 20 ans que Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'Economie et aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a été reconnue le 19 décembre 2016 coupable de "négligence" par la Cour de justice de la République, seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement. L'affaire quitte alors le terrain de l'arbitrage privé et arrive devant la justice ordinaire. En effet, Bernard Tapie est, à titre personnel, en liquidation judiciaire, et ses sociétés placées en procédure de sauvegarde. Bernard Tapie ne compte pas en rester là.

Ces questions ne remettent pas en cause le remboursement des 404 millions d'euros mais pourraient, si le ministère public était suivi par la Cour, entraîner un nouveau procès en appel pour trancher ces points particuliers, ce qui risque de retarder encore une fois l'épilogue de ce feuilleton politico-judiciaire. C'est ce second pourvoi qui a été tranché jeudi 18 mai.

Le Consortium de réalisation (CDR), chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais, a par ailleurs procédé à des saisies d'actifs en France et à l'étranger. Parmi eux, une somptueuse propriété à Saint-Tropez achetée 48 millions d'euros par l'ex-ministre.

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