Trump aurait demandé au FBI de classer une enquête sur Flynn

18 Mai, 2017, 22:59 | Auteur: Stephane Girardot

Michael Flynn, qui n'avait pas tout dit de ses discussions avec l'ambassadeur russe Sergueï Kisliak, apparaît comme une figure centrale dans les enquêtes sur les accusations d'ingérence de la Russie pendant la campagne électorale 2016 et sur une collusion éventuelle entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

"De la part du président, dire au FBI de mettre un terme à une enquête potentiellement pénale, c'est de l'obstruction à la justice", commente Erwin Chereminsky, professeur de droit constitutionnel et doyen de l'école de droit de l'Université de Californie. Eviction du directeur du FBI James Comey, révélations d'informations sensibles à des diplomates russes ou encore tentative de faire cesser une enquête contre l'un de ses conseillers, les affaires brûlantes s'accumulent à la Maison Blanche. "J'espère que vous pourrez laisser tomber", aurait affirmé Donald Trump selon cette note rédigée par le patron du puissant Federal Bureau of Investigation. "Ce n'est pas un récit fidèle (.) de la conversation entre le président et M. Comey", a indiqué un responsable de l'administration sous couvert d'anonymat.

L'exécutif rappelle également que le directeur intérimaire du FBI, Andrew McCabe, a assuré qu'il n'y avait pas eu d'interférence dans les enquêtes du FBI, lors d'une audition au Sénat la semaine dernière. Le chef de file de l'opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, s'est déclaré "secoué" par ces dernières révélations. Si le président américain s'était montré trop bavard avec un visiteur britannique, il est certain que le faux pas serait passé largement inaperçu, ou aurait été plus facilement pardonné.

Flynn a été forcé de démissionner le 13 février pour avoir omis de révéler des contacts répétés avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis l'an dernier, dont certains auraient porté sur des sanctions américaines contre Moscou.

Face au tollé provoqué par ces informations de presse accusant Donald Trump d'avoir pu compromettre une source, le général a encore martelé que "ce dont le président a parlé était approprié dans le cadre de cette conversation". "En tant que Président, je voulais partager avec la Russie (lors d'une réunion ouvertement programmée à la Maison-Blanche), comme j'ai parfaitement le droit de le faire, des faits liés au terrorisme et à la sécurité aérienne", s'est-il ainsi justifié. "Pour des raisons humanitaires, et je souhaitais que la Russie soit en mesure d'intensifier son combat contre Daesh et le terrorisme". "C'est un bon gars", continue Trump selon ce mémo.

Pour Leon Panetta, ancien directeur de la CIA, cette nouvelle affaire "entame la crédibilité de la présidence" américaine.

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