L'Élysée assure à la presse ne pas verrouiller "sa comm"

19 Mai, 2017, 05:49 | Auteur: Remi Laffitte
  • 16			Mai 2017		
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Le 18 mai, alors que se terminait le premier conseil des ministres du gouvernement d'Edouard Philippe, la foule de journalistes présents dans la cour du palais de l'Elysée, pressée de recueillir les réactions des membres du nouveau gouvernement, s'est vue demander de quitter les lieux, afin que soit prise la "photo de famille" des ministres.

Selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, Emmanuel Macron a souligné aussi que son rôle serait de "fixer la stratégie", de "donner un cap, un sens" et de préserver "les équilibres de nos institutions". Vous retrouverez au programme du JT de 20h du 18/05/2017 des sujets sur l'actualité, des reportages en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français. Un léger changement de ton, sachant que l'émission s'enthousiasmait, par exemple, il y a quelques jours, de la "rencontre réussie" entre Emmanuel Macron et Angela Merkel à Berlin.

Une quinzaine de sociétés de journalistes, des directeurs de rédaction et l'organisation Reporters sans frontières (RSF) ont écrit jeudi à Emmanuel Macron pour protester contre l'organisation de sa communication, notamment du choix des journalistes l'accompagnant dans son déplacement au Mali, sans laisser le choix aux rédactions.

Tête de liste du Parti socialiste aux élections régionales de 2015 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christophe Castaner a rejoint le mouvement En Marche en 2016.

Des conditions de travail inhabituelles pour la presse qui s'est inquiétée d'un recul de ses libertés. "J'entends bien votre remarque et je la relayerai", a-t-il répondu. "Si le président de la République et le Premier ministre ont choisi tel ou tel membre du gouvernement, c'est justement pour ce qu'ils sont", a-t-il souligné.

Son interlocutrice, à qui on avait déjà repris le micro, a alors rappelé, en haussant le ton pour se faire entendre, que ce n'était pas "la constitution d'un pool" qui dérangeait les journalistes, mais bien "le fait de choisir" ceux qui le composent.

Le porte-parole a évoqué aussi "la réforme du renseignement" et "la simplification de la vie administrative avec le droit à l'erreur" face à l'administration, l'un des points saillants du programme d'Emmanuel Macron. Contacté par l'hebdomadaire "Marianne", un conseiller d'Emmanuel Macron, a précisé et pris la défense de cette nouvelle politique à l'égard des médias: "Il n'y a pas de raison pour que l'Elysée soit systématiquement suivi par la presse politique".

Selon le porte-parole du gouvernement, il s'agit de favoriser les "échanges" entre Emmanuel Macron et les Français. En Marche! avait accusé notre média d'être un organe de propagande véhiculant "de fausses informations", sans pour autant fournir de preuves.

Mais le député des Alpes-de-Haute-Provence sait pertinemment que le gouvernement comporte des électrons libres, représentés notamment par Nicolas Hulot et François Bayrou. Cette dernière fut pourtant durant plusieurs années envoyée spéciale à Washington pour plusieurs médias français. Lorsque les journalistes ont voulu connaître la raison de ce refus, la réponse fut expéditive: "Restez sur la voie publique, s'il vous plaît".

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