Large victoire de Moon Jae-in à la présidentielle — Corée du Sud

19 Mai, 2017, 10:20 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Scrutin électoral en Corée du Sud sur fond de regain de tensions avec Pyongyang

M. Moon prône le dialogue avec la Corée du Nord afin de désamorcer les tensions et de l'inciter à revenir à la table des négociations. "S'il le faut, je m'envolerai directement pour Washington". Cet avocat catholique, dont la famille originaire de Corée du Nord avait fui le régime communiste. "Lorsqu'adviendra une réunification pacifique, la première chose que je veux faire est d'emmener ma mère de 90 ans dans sa ville natale", écrivait-il dans un livre publié en janvier.

Moon Jae-in va devoir affronter une tâche diplomatique délicate face à ce pays voisin doté de l'armé nucléaire.

En décembre, il avait affirmé qu'une fois élu, il irait en Corée du Nord avant de se rendre aux Etats-Unis, puissance protectrice du Sud. Ayant servi dans le cabinet du président Roh Moo Hyun, Moon Jae-In avait été battu en 2012 par Park Geun Hye, forte de l'empreinte laissée par son père, le dictateur militaire Park Chung Hee. Fermé en 2016 après un essai nucléaire de Pyongyang, Moon Jae-in a annoncé pendant sa campagne vouloir le rouvrir.

Le futur locataire de la "Maison bleue", le siège de la présidence sud-coréenne, veut aussi réformer les "chaebols", ces conglomérats familiaux comme Samsung ou Hyundai qui contrôlent l'économie sud-coréenne et dont le scandale Park Geun-hye a mis en lumière les travers. L'initiative avait été proposée par son président Xi Jinping en 2013.

Les Sud-Coréens ont pris ce mardi 9 mai 2017 le chemin des urnes. Dans son livre, il estime que la Corée du Sud doit apprendre à dire "non" à son allié américain. Voici l'analyse de Juliette Morillot, historienne experte de la péninsule coréenne et auteure de La Corée du Nord en 100 questions (Éditions Tallandier), interrogée par Hélène Destombes. Résultat: il s'est opposé à Donald Trump lors du déploiement sur le sol sud-coréen du système antimissile américain THAAD, opérationnel depuis la semaine dernière.

Durant sa campagne, Moon Jae-in s'est pourtant prononcé en faveur de la pression et des sanctions imposées par les États-Unis et la Chine. "Le simple fait de blâmer la Corée du Nord n'aboutira à rien." . Un vétéran de la lutte pour les droits de l'Homme, favorable à une forme de réconciliation avec la Corée du Nord, est le grand favori du scrutin. Un autre défi, alors que le pays voit sa croissance ralentir depuis plusieurs années.

Recommande: