Le subtil dosage de Macron et Philippe — Gouvernement

19 Mai, 2017, 08:41 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Gérald Darmanin se définit comme un Gaulliste social

Il comporte néanmoins certaines fragilités en terme d'équilibre politique et reste sous le couperet des législatives de juin.

Le premier Conseil des ministres est prévu jeudi matin.

Désireux d'éviter un couac majeur, il a ainsi temporisé, l'annonçant avec une journée de retard, pour que la ituation fiscale de chacun et l'absence de conflits d'intérêt soient rigoureusement contrôlés.

Le maire socialiste de Lyon, la troisième ville de France, chantre du social-réformisme, entre pour la première fois à 69 ans au gouvernement après quarante ans de joutes électorales. A ces 18 ministres, il faut ajouter pour le moment quatre secrétaires d'Etat, ce qui fait une équipe plutôt resserrée.

En revanche, Emmanuel Macron avait aussi promis un "ministère plein et entier des Droits des femmes".

"A titre exceptionnel" aussi, la presse sera tenue à l'écart de la sortie du Conseil, mais l'Elysée promet qu'à "l'avenir, les journalistes pourront de nouveau s'adresser aux ministres à l'issue du Conseil". Dans la foulée, les journalistes ont été virés de la cour de l'Élysée pour que les ministres et le président de la République puissent poser pour la photo officielle du gouvernement.

Emmanuel Macron veut dépasser les clivages politiques.

Parmi les nominations phares, on note que Gérard Collomb devient le nouveau ministre de l'intérieur.

Au centre, François Bayrou s'occupe de la Justice et Sylvie Goulard des Armées. De quoi animer les débats sur un dossier épineux qui va pimenter le début de mandat d'Emmanuel Macron: celui de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Richard Ferrand ministre de la Cohésion des territoires.

Le plus jeune a 33 ans: Mounir Mahjoubi. Nicolas Hulot, 62 ans: ministre d'Etat, ministre de la transition écologique.

Plusieurs figures de proue de la société civile se distinguent: l'escrimeuse Laura Flessel, ministre des Sports, l'éditrice Françoise Nyssen, ministre de la Culture, ou Muriel Pénicaud, ministre du Travail, passée par Danone et Dassault Systèmes.

On trouve également d'autres représentants de la société civile: une professeure de médecine, Agnès Buzyn, en charge de la Solidarité et de la Santé, une chercheuse et présidente d'université, Frédérique Vidal, pour l'Enseignement supérieur et la recherche, ou encore l'ancienne directrice des transports publics parisiens, Élisabeth Borne, aux Transports.

La désignation à l'Education nationale, très gros ministère toujours sensible, de Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'Essec, l'une des écoles de commerce les plus prestigieuses au monde, a déjà provoqué des commentaires inquiets à gauche. La confidence, révélée par Le Canard enchaîné de ce 17 mai, prouve que le maire de Bordeaux, candidat malheureux de la primaire de la droite, s'essaie à un exercice funambulesque entre son parti, Les Républicains, qu'il promet de soutenir coûte que coûte, et l'un de ses disciples, Édouard Philippe, qui décide de rejoindre le projet de renouvellement porté par Emmanuel Macron.

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