Philippe à l'Elysée pour boucler avec Macron le gouvernement

19 Mai, 2017, 21:44 | Auteur: Edgar Lajoie

La nomination de la quinzaine de ministres a été retardée de 24 heures, afin de vérifier la situation fiscale de chacun et l'absence de conflits d'intérêt. Ce proche du président a été secrétaire général adjoint de l'Elysée, en même temps qu'Emmanuel Macron (un se consacrait à l'économie, l'autre au social).

Le contrôle des ministres est réalisé par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) créée après le scandale Jérôme Cahuzac, ce ministre du Budget de l'ex-président socialiste François Hollande (2012-2017) poussé à la démission après avoir avoué détenir un compte caché à l'étranger.

Le premier conseil des ministres du quinquennat, initialement prévu le 17 mai, a été reporté au lendemain, a-t-on précisé à l'Elysée.

Sauf surprise, le gouvernement devrait refléter la logique de renouvellement et de recomposition politique qu'Emmanuel Macron a défendue tout au long de la campagne. Les rumeurs autour des nominations ministérielles vont crescendo depuis la nomination, lundi, d'Edouard Philippe, un élu de la droite modérée de 46 ans, quasi inconnu du grand public qui a promis "une nouvelle dynamique".

Objectif pour les législatives des 11 et 18 juin: obtenir au Parlement "une large majorité présidentielle, base de l'action du futur du gouvernement", et "marginaliser les oppositions des anciens partis de gouvernement en dessinant un arc de soutien allant des progressistes de l'ancien Parti socialiste (PS) au centre droite", considère le politologue français Olivier Ihl.

Depuis lundi, 120 élus de la droite et du centre ont signé un appel à "répondre à la main tendue" par le nouveau président.

A gauche, le PS, après une défaite sans précédent au premier tour de la présidentielle, est si affaibli que le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon ne cache pas son intention de le vampiriser.

Les quatre ministères régaliens ont été dévolus à deux socialistes - Jean-Yves Le Drian, l'un des deux rescapés du quinquennat de François Hollande, qui passe de la Défense à l'Europe et aux Affaires étrangères avec le Commerce extérieur dans ses attributions, et Gérard Collomb, "marcheur" de la première heure, qui prend l'Intérieur - et à deux centristes - François Bayrou à la Justice et Sylvie Goulard aux Armées.

François Bayrou, chef de file du MoDem, dont l'appui a été précieux pour l'élection de M. Macron, est également sur les rangs. Il a confirmé que la nomination de Nicolas Hulot, figure médiatique de la lutte pour l'environnement, à l'Ecologie était au nombre des "hypothèses". Il pourrait choisir de propulser de jeunes espoirs issus du monde de l'entreprise, comme Astrid Panosyan, passée par la direction d'un groupe immobilier ou la spécialiste de la communication Axelle Tessandier. Alain Juppé et Édouard Philippe ont d'ailleurs évoqué le poste de chef du gouvernement. Mardi soir, il a reçu le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

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