Premier gouvernement d'Edouard Philippe : une République des experts qui penche à droite ?

19 Mai, 2017, 17:52 | Auteur: Remi Laffitte
  • En l’absence d’Édouard Philippe Luc Lemonnier a présidé le conseil municipal lundi soir

Le choix des 22 membres du nouveau gouvernement français reflète la volonté d'Emmanuel Macron de transcender les clivages traditionnels.

Le premier Conseil des ministres est prévu jeudi matin.

Ancien socialiste, devenu marcheur de la première heure, Gérard Collomb arrive place Beauvau.

Quant à la règle confirmée mercredi soir par l'Elysée qui contraindra les ministres battus lors du scrutin des 11 et 18 juin à démissionner, "c'est la tradition républicaine (.) Je crois que ça a toujours été comme ça et que c'est assez simple", a défendu Edouard Philippe, qui démissionnera lui-même samedi de la mairie du Havre pour se consacrer à Matignon. Il intègre deux ministres de droite, quatre socialistes, deux PRG, trois MoDem, et Nicolas Hulot, belle prise médiatique.

A l'origine, la composition du nouveau gouvernement devait être révélée ce mardi 16 mai en fin de journée.

Emmanuel Macron a donné jeudi au gouvernement ses directives et les directions de l'action de l'exécutif, lors du premier conseil des ministres de son quinquennat.

L'annonce du gouvernement a été retardée de 24 heures, rappelle-t-on, le temps de vérification sur les personnalités pressenties au gouvernement et pour permettre à la direction générale des Finances publiques et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique de réaliser les diligences nécessaires sur leur situation fiscale, alors que la loi prévoit que cette vérification ne s'opère qu'après leur nomination.

Parmi les signataires de l'appel, des figures de la droite modérée comme Thierry Solère, Benoist Apparu ou Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que le centriste Jean-Louis Borloo, dont aucun ne figure toutefois dans le premier gouvernement Philippe.

Celui-ci est ccompagné de Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes de plein exercice. Sur un autre sujet sensible pour le nouveau ministre de la Transition écologique, la question de la transition énergétique, le Premier ministre a assuré partager "totalement" le point de vue de Nicolas Hulot, selon lequel "il y a des perspectives extraordinaires en matière de développement des énergies renouvelables". Mounir Mahjoubi, qui a joué un rôle clé dans la campagne, est nommé quant à lui secrétaire d'Etat au numérique à 33 ans.

En revanche, la gauche est mieux dotée, avec quatre socialistes (Gérard Collomb à l'Intérieur, Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères, Richard Ferrand à la Cohésion des territoires, Christophe Castaner, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement et porte-parole), deux radicaux de gauche (Jacques Mézard à l'Agriculture et Annick Girardin à l'Outre-mer, la seule rescapée avec Le Drian du précédent gouvernement).

Ministre des Solidarités et de la Santé: Agnès Buzyn. Mais au-delà de l'âge, le renouvellement passe aussi par la diversité politique, avec des ministres venus de la gauche, du centre et de droite.

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