Un procureur spécial nommé pour enquêter sur Trump et la Russie

19 Mai, 2017, 08:41 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Trump et Macron auront un

"Ma décision ne signifie pas que des délits ont été commis ou que des poursuites sont nécessaires", a souligné le numéro deux de la Justice, Rod Rosenstein, dans un communiqué pour annoncer la nomination de l'ancien directeur du FBI, Robert Mueller, à cette fonction. Et de l'avis général, celui qui a servi pendant 12 ans comme directeur du FBI, qui a sauvé l'organisation après le 11-septembre et tenu tête à George W. Bush avant de prolonger à la demande de Barack Obama, est sans doute l'homme le plus incorruptible d'Amérique.

Barack Obama avait conseillé à Donald Trump de ne pas nommer Michael Flynn en raison de son "comportement en tant que patron de la DIA", avait indiqué début mai à l'AFP un responsable de l'ancienne administration.

La pression monte au Congrès pour une enquête indépendante sur les liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie, que les chefs des agences de renseignement accusent d'interférence pour faire gagner le candidat républicain à l'élection présidentielle. "Comme je l'ai dit à de nombreuses reprises, une enquête complète confirmera ce que nous savons déjà: il n'y a eu aucune collusion entre mon équipe de campagne et une entité étrangère", a-t-il déclaré, ajoutant: "Je suis impatient que cette affaire se conclue rapidement".

Un procureur spécial a en effet autorité pour mener son enquête plus indépendamment de la hiérarchie du ministère de la justice. La nomination représente un revers et une surprise pour la Maison-Blanche, pour qui l'enquête actuelle se suffisait à elle-même.

Les paris en ligne prédisant la destitution du président des Etats-Unis Donald Trump se multiplient depuis la tempête provoquée par le limogeage du directeur du FBI James Comey et les révélations qui ont suivi.

Depuis cette éviction brutale, la presse a rapporté que Donald Trump aurait fait pression sur M. Comey pour qu'il classe le volet de l'enquête concernant Michael Flynn, son éphémère conseiller à la sécurité nationale soupçonné de jeux troubles avec les Russes. Son champ d'investigations inclut "tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump" ainsi que "tout sujet" relié à ces problématiques. Le policier aurait refusé, mais consigné cette conversation dans des notes qui ont commencé à fuiter dans les médias. Il ne peut être démis que pour faute. C'est un magistrat équipé de pouvoirs similaires, Kenneth Starr, qui avait failli faire tomber le président Bill Clinton dans l'affaire Whitewater, devenue affaire Monica Lewinsky, dans les années 1990.

"Dans un consensus rare, à l'inverse, élus républicains et démocrates ont applaudi la nomination de Robert Mueller".

Les élus démocrates du Congrès ont crié victoire, bien que certains estiment qu'il ne s'agit que d'une première étape et réclament la création d'une commission spéciale sur la Russie, au mandat plus large que la stricte enquête policière. "Références impeccables. Il devrait être largement reconnu" déclare Jason Chaffetz, sénateur américain.

Côté républicain, la majorité au Congrès avait rejeté les appels à un procureur spécial mais exprimait depuis des jours son malaise face aux interventions du président dans l'enquête.

"Mueller est un excellent choix".

Pour le chef d'État, le calendrier est particulièrement inopportun, car il doit s'envoler vendredi 19 mai pour une tournée internationale de huit jours.

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