La grand-tante inculpée pour enlèvement et séquestration — Affaire Grégory Villemin

17 Juin, 2017, 16:08 | Auteur: Stephane Girardot

L'oncle et la tante du père du petit Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, sont interpellés.

Le parquet général de Dijon a requis la mise en examen de Marcel Jacob pour séquestration dans le cadre de l'affaire Grégory Villemin, et a réclamé son placement en détention provisoire pour 4 jours, d'après les informations de BFMTV.

Les deux septuagénaires ont tous les deux été écroués. D'après une source proche du dossier, cette dernière est restée mutique durant sa garde à vue, tandis que Marcel Jacob s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait rien. Son grand-oncle et sa grand-tante sont sous les verrous pour enlèvement suivi de mort mais la justice ne désigne pas pour autant l'assassin de l'enfant.

Que leur est-il reproché aujourd'hui?

Si le petit Gregory, noyé pieds et mains liés dans la Vologne le 16 octobre 1984, a trouvé depuis longtemps son épitaphe, l'affaire Grégory, elle, ne semble pas près de connaître son épilogue. Les grands-parents paternels de l'enfant ont été entendus comme témoins.

"Il apparaît que la localisation des auteurs de ces nombreux appels téléphoniques anonymes antérieurs au crime n'a jamais été contredite par un quelconque alibi de leur part ou part une quelconque impossibilité matérielle de passer ces appels".

De nouvelles expertises sur une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée au père de Grégory en 1983, avant la mort de l'enfant, orientent les soupçons sur Jacqueline Jacob. Ce courrier intéresse particulièrement les enquêteurs: si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, la justice constate "une similitude importante des termes" utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983.

Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises, dans le passé, sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984.

Ce 14 juin, le procureur de Dijon a apporté un élément nouveau: "Des repérages avaient été effectués avant le crime par un homme moustachu, parfois accompagné d'une femme".

Jean-Jacques Bosc a fourni à ce sujet plusieurs précisions: 1/ le meurtre du petit Grégory relève d'un "acte collectif", 2/ "à l'évidence", le petit Grégory a été enlevé chez ses parents ( où il jouait dans la cour, NDLR ), 3/ "les auteurs de cet enlèvement sont les auteurs du crime". Les Jacob "ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé", a-t-il ajouté.

Marcel et Jacqueline Jacob ont été incarcérés provisoirement par "souci d'empêcher une concertation frauduleuse".

Des écrits de Jacqueline saisis chez les Jacob doivent faire l'objet d'une nouvelle comparaison d'écriture. "Nous recherchons quelles sont les personnes qui ont concouru à l'enlèvement de l'enfant", laissant entendre que d'autres personnes pourraient être inquiétées dans ce puzzle familial complexe. Bernard Laroche, lui aussi son neveu. Dans les lettres reçues par les Villemin, le père était surnommé "Le Chef", signe de la supériorité présumé du père de famille.

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