La victoire en trompe-l'œil de Macron — Législatives

17 Juin, 2017, 04:00 | Auteur: Stephane Girardot
  • Législatives: 19,24% de participation à 12h en baisse

Au second tour, cela pourrait lui permettre d'obtenir plus de 400 sièges sur 577 à l'Assemblée nationale, soit largement plus que les 289 nécessaires à une majorité absolue. Seuls Les Républicains et l'UDI surnagent, à la différence du Parti socialiste, qui sombre. Suivent la droite LR-UDI-DVD à 21,56% et le FN à 13,20%.

Dans le Doubs se déroulera un duel REM/socialiste.

La chancelière allemande Angela Merkel a félicité dimanche soir le président français Emmanuel Macron pour le "grand succès" de son parti au premier tour des élections législatives. Le nombre d'élus au premier tour devrait lui aussi pâtir de cette abstention et de l'éclatement des voix. "Un vote pour des réformes", a tweeté le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert.

Selon les premières estimations de l'institut Ipsos, la vague La République En Marche (LREM), mouvement fondé par Emmanuel Macron, a obtenu près de 32 % des voix au premier tour des élections législatives françaises.

Même un ministre mis en cause dans une affaire de transaction immobilière, Richard Ferrand, s'est qualifié haut la main pour le second tour. "Malgré l'abstention, le message des Français est sans ambiguïté", a-t-il estimé. Ainsi, si la France était un village de 100 habitants, moins de 11 habitants auraient voté pour les candidats du président de la République, comme le montre notre infographie.

Selon les résultats définitifs publiés dans la nuit par le ministère de l'Intérieur, LREM et ses alliés centristes arrivent largement en tête avec 32,32% des suffrages exprimés, devant la droite (21,56%) et le parti d'extrême droite Front national (13,20%). 100 députés sortant ont été éliminés, dont l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

Comme au premier tour de la présidentielle, le scrutin d'hier confirme l'échec de la droite, la débâcle du PS avec une France insoumise et un FN qui auront assez peu de députés au final.

"Nous avons subi une déception dans le score" a déclaré le vice-président du FN, Florian Philippot, en appelant à la "mobilisation générale" pour le second tour du 18 juin. Divisés, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et le PCF pourraient espérer entre 10 et 23 fauteuils.

Ces élections n'ont pas réussi à mobiliser les Français. Une déferlante - qui doit certes être relativisée au vu de l'abstention record - qui laissait présager d'une majorité absolue pour les candidats de "La République en marche".

Leur manque de notoriété ou d'expérience semble être compensé par la popularité du nouveau chef de l'État français, qui connaît un état de grâce en ce début de quinquennat. Certains évoquent une véritable "Macronmania".

Du côté de la presse nationale, ce lundi 12 juin, Le Figaro titre sur "Macron en marche vers une majorité écrasante". Les titres des quotidiens nationaux ne laissent aucun doute sur la couleur de la future "chambre bleu Macron" (L'Humanité).

Pour autant, "ni ses 24% du premier tour de l'élection présidentielle, ni les 50% d'abstention de ce dimanche ne doivent donner l'illusion d'une France convertie à la Macron-mania", relève Nicolas Beytout dans L'Opinion.

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