Le couple Jacob nie mais n'a pas d'alibi "confirmé" — Affaire Grégory

17 Juin, 2017, 16:07 | Auteur: Ludovic Moineau
  • Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 15 juin 2017

Le couple n'avait toutefois jamais été inquiété judiciairement. Les soupçons se sont orientés vers la septuagénaire après l'analyse d'un courrier anonyme adressé au père de Grégory en 1983.

Selon une source proche du dossier, Jacqueline Jacob est restée mutique en garde à vue et son mari s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait de rien face aux gendarmes, qui tentent de percer le mystère en démêlant les haines déchirant la famille. Mais d'après Jean-Jacques Bosc, il continue d'y avoir un débat sur ce que Marcel et Catherine Jacob faisaient le jour de la disparition du petit Grégory.

Cela explique que nonobstant l'ancienneté des faits, la poursuite de l'instruction judiciaire et l'éventuelle condamnation des personnes qui pourraient être mises en examen dans le cadre de ce dossier trentenaire soit encore possible.

L'affaire n'en est pas à son premier rebondissement: en juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opérait un spectaculaire revirement, portant ses soupçons vers la mère de Grégory, Christine Villemin, finalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant. Elle a cependant "avancé significativement", d'après lui. Car "mise en examen ne signifie pas culpabilité", a tenu a spécifier l'avocat de l'octogénaire, Gary Lagardette.

Jacqueline Jacob "est exténuée, fatiguée, épuisée", a-t-il relevé. Marcel Jacob a déjà été soupçonné, durant la procédure, d'avoir endossé le rôle du "corbeau", d'autant que l'incertitude planait sur son emploi du temps au moment du meurtre.

17h20. "Je n'a rien retenu" de cette conférence de presse réagit Stéphane Giuranna.

"On ne sait pas comment est mort Grégory et on met en examen", s'est-il exclamé.

Le parquet général a par ailleurs requis une mise en examen pour "séquestration" à l'encontre de Marcel Jacob, son époux, selon son avocat.

Affaire Grégory: les personnes qui ont. Elle avait dénoncé son beau-frère comme étant le meurtrier de Grégory. "Il y a une concordance entre le contenu des appels et le contenu des écrits". Il était en revanche particulièrement lié à Bernard Laroche, un autre de ses neveux. Interrogés par la police, ils ont nié les faits qui leur sont reprochés, mais ils n'ont pas d'alibi confirmé d'après le procureur. Le procureur évoque encore la dissimulation par Marcel Jacob, "contre l'évidence", de ses antagonismes "parfois violents " avec les parents de Grégory, et notamment de Jean-Marie Villemin qu'il appelait "le chef ", comme dans les lettres anonymes. "Cela rend ses déclarations peu crédibles", déclare le procureur général. C'est lui qui avait refusé se serrer la main de Jean-Marie le traitant de "Chef". Ces interpellations relancent une des affaires les plus énigmatiques de l'histoire criminelle française depuis la découverte du cadavre de Grégory Villemin au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne. Ils sont actuellement en détention provisoire.

16h52. Jean-Jacques Bosc s'apprête à prendre la parole.

Tous deux sauront dans la journée s'ils sont mis en examen.

16h25. Du retard pour le procureur général.

C'était une conférence de presse évidemment très attendue.

Recommande: