Législatives au Royaume-Uni : Theresa May perd sa majorité absolue

19 Juin, 2017, 17:11 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Élections en Grande-Bretagne : Theresa May perd sa majorité absolue, selon les premières projections

La Première ministre britannique conservatrice Theresa May a annoncé vendredi qu'elle allait former un nouveau gouvernement, bien que son parti ait perdu la majorité absolue à l'issue des législatives de jeudi.

Largement réélu dans sa circonscription d'Islington (nord de Londres), Jeremy Corbyn a estimé que sa campagne électorale "positive" avait "changé la politique, pour le meilleur", et appelé Thersea May à la démission.

Le dirigeant du parti unioniste d'Irlande du Nord, dont la région a voté majoritairement en faveur du maintien dans l'UE lors du référendum de l'an dernier, ne s'y est pas trompé en qualifiant un Parlement sans majorité absolue de "résultat parfait" pour son parti. Ou d'essayer de former une coalition avec un ou plusieurs autres partis.

C'est un échec personnel pour Theresa May. Cela renvoie notamment au sort réservé à David Cameron après le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. En dehors de son raid sur l'Ukip qui a bel et bien lieu au profit des tories - son leader, Paul Nuttall, qui a remplacé Nigel Farage, perd son siège, laminé par son concurrent conservateur -, a tout raté. La campagne désastreuse menée par Theresa May: entre ses dérobades pour éviter de débattre avec ses adversaires politiques à la télévision, son "impôt Alzheimer " qui a révolté le cœur de son électorat (les plus de 65 ans), les attaques terroristes qui ont mis en lumière les coupes budgétaires des Tories en matière de forces de l'ordre, et l'arrogance d'une victoire annoncée, elle a fini par exaspérer ceux là mêmes qu'elle comptait séduire, les Travaillistes Brexiteurs.

Le problème pour Theresa May est double.

Mme May, reconduite à Maidenhead (ouest), s'est contenté d'affirmer que "quels que soient les résultats", son parti "assurer (ait) la stabilité" dont "le pays a besoin". Toutefois, "je ne suis pas sûr qu'il faille lire les résultats de ce scrutin comme remettant en cause en quoi que ce soit la position exprimée souverainement par les Britanniques sur le Brexit", a-t-il ajouté. 'Elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance: c'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif', a-t-il déclaré.

Pour Guy Verhofstadt, chef des négociateurs du Brexit au Parlement européen, les négociations, dejà complexes, seront encore plus compliquées avec le pari perdu de Theresa May.

À gauche, les indépendantistes écossais du SNP essuieraient de lourdes pertes, à 34 sièges contre 54 précédemment, selon les projections.

La publication de ces premiers chiffres a entrainé une chute de la livre sterling jeudi soir. Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagne 4 sièges à 12 mandats, selon ces résultats. Soulignant qu'elle se trouve " dans une situation très difficile ".

"Après les surprises du Brexit et de l'élection de Donald Trump, " c'est la leçon des deux dernières années ", estime Brian Klaas, de la London School of Economics".

Ironique: le Brexit s'est retrouvé relativement éclipsé durant la campagne, par les questions de protection sociale et de sécurité, alors que le pays a subi trois attentats en moins de trois mois.

La Bourse de Londres a ouvert en nette hausse (+0,7% pour le FTSE100) vendredi matin après le scrutin législatif au Royaume-Uni qui a vu la Première ministre Theresa May échouer à obtenir une majorité absolue à la Chambre des communes.

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