Législatives françaises: de 355 à 360 sièges pour LREM-MoDem

19 Juin, 2017, 05:57 | Auteur: Stephane Girardot
  • Le Premier ministre Edouard Philippe à Matignon le 8 juin dernier

La République En Marche qui déjà crédité d'une majorité parlementaire (249 à 286 sièges selon une enquête Opinionway) avant l'élection de Macron au second tour de la présidentielle, a vu ses pronostics de victoire augmenter considérablement au lendemain du 11 juin. Enfin, le Front national devrait obtenir 8 sièges, un peu mieux que prévu (1 à 6).

La chancelière allemande Angela Merkel, l'a aussitôt félicité pour sa "majorité parlementaire nette", selon son porte-parole. Les électeurs ont confirmé et amplifié leurs choix lors du premier tour des législatives. Avec 21,56% des voix, LR allié à l'UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 130 sièges, contre plus de 225 dans l'Assemblée sortante.

Le Parti communiste et surtout la France Insoumise réalisent une belle percée avec 26 sièges à l'Assemblée nationale, un résultat, là aussi, meilleur que les projections (entre 5 et 25). Le Front national obtiendrait quant à lui six sièges. Ils y rejoignent Gilbert Collard, réélu dans le Gard. S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire (15 élus).

Ce scrutin est également marqué par une première en Corse: l'élection de trois députés nationalistes.

L'attention se portait dimanche soir sur le sort de plusieurs personnalités, comme Jean-Luc Mélenchon à Marseille, ou d'autres en difficulté comme Manuel Valls à Evry, Najat Vallaud-Belkacem à Villeurbanne (Rhône) ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris, trois jours après avoir été agressée en distribuant des tracts sur un marché.

Plusieurs sortants en situation difficile sont finalement élus: le patron du groupe socialiste Olivier Faure ou encore Eric Woerth et Eric Ciotti à droite. Son lieutenant Alexis Corbière et le journaliste François Ruffin feront également leur entrée à l'Assemblée.

Eliminé dès le premier tour du scrutin législatif, Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti socialiste, a vite tiré dimanche les conséquences du recul de cette formation politique, en annonçant qu'il en quitte la direction.

Après le succès de REM dimanche dernier, le chef de l'Etat attend "une confirmation" qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail. Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat, actuellement à droite.

Son Premier ministre, Edouard Philippe, a voté en tout début de matinée au Havre.

Richard Ferrand dans le Finistère, Bruno Le Maire dans l'Eure, Mounir Mahjoubi et Marielle de Sarnez à Paris - tous abordaient le second tour en position de favoris. Le seul moyen de corriger le tir et d'assurer une meilleure répartition des partis au sein de l'Assemblée, c'est justement le second tour. Le premier ministre devrait leur préciser le calendrier des réformes et sa méthode, prélude au discours de politique générale qu'il prononcera autour du 4 juillet.

La coalition de droite composée de LR et de l'UDI serait réduite à moins de 100 députés, celle constituée du PS et de ses alliés de gauche à une trentaine, peut-être moins.

C'est la grande gagnante de ces législatives: l'abstention, qui pourrait s'établir à 58%.

Seuls 222 députés sortants sont qualifiés pour le second tour.

Les nouveaux parlementaires commenceront à arriver dès cette semaine au Palais-Bourbon.

Les groupes éliront leur président et le successeur au perchoir de Claude Bartolone sera élu le 27 juin. Mais le faible nombre d'élus du FN sonne le glas de ses espoirs nés de la vague nationaliste en Europe et du score historique atteint au second tour de la présidentielle. Les postes-clés à l'Assemblée (perchoir, présidence du groupe et de commissions.) devaient dans cette perspective être discutés ce week-end à l'Elysée autour du chef de l'Etat, selon un proche.

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