Le pari perdu de Theresa May

19 Juin, 2017, 01:36 | Auteur: Stephane Girardot
  • Un policier mène la garde devant un bureau de vote à Tower Hamlets à Londres

D'après les résultats quasi définitifs ce vendredi 9 juin, la Première ministre britannique a perdu son pari au cours des élections législatives du 8 juin.

Mike Finn, de l'université de Warwick, pense, quant à lui, que le Royaume-Uni s'expose à "une période de coalition ou à de nouvelles élections".

Les commentaires sont prudents, en ce lendemain de scrutin, et dans l'attente du discours de le Première ministre, à 11heures, qui va tirer les leçons de son échec et alors que le leader de l'oppisition travailliste, Jeremy Corbyn, appelle à sa démission.

Malgré des appels à la démission, Theresa May dit qu'il formera un nouveau gouvernement. Il a appelé à "un Brexit qui protège les emplois", assurant que le processus de sortie de l'Union européenne "devait se poursuivre" et que son parti était "prêt à mener les négociations au nom du pays".

Mme May a indiqué compter sur le soutien du parti nord-irlandais unioniste DUP, qui a remporté dix sièges, pour gouverner. Les Libéraux-Démocrates, ouvertement europhiles, gagnent six sièges à 14 mandats, mais sans parvenir ainsi à fédérer le camp des 48% des Britanniques qui avaient voté contre le Brexit.

Theresa May avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses engagements de ne pas écourter la législature, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour.

Lui se dit "frustré", car la situation risque de compliquer les négociations sur le Brexit et les conditions du divorce entre Londres et l'Union européenne. Il a également profité de l'opposition suscitée par une proposition de Theresa May sur le financement de la prise en charge de la dépendance, qui prévoyait que les personnes âgées elles-mêmes paient pour leurs soins, avec une prise en compte de leur patrimoine immobilier. Défiant les sondages, les conservateurs ont perdu leur majorité absolue au Parlement.

La contre-performance du Parti conservateur aux élections législatives britanniques "ne sera pas sans impact" sur les négociations du Brexit, qui doivent théoriquement s'ouvrir le 19 juin, a estimé vendredi Pierre Moscovici. Les Lib-Dem ont prévenu jeudi soir qu'il n'y aurait " pas de coalition.

Voulant célébrer sa victoire devant les caméras, Corbyn veut fêter cela avec une autre cadre du parti, Emily Thornberry: il lève sa main, pour taper dans celle de sa collègue. qui ne voit rien de la scène.

Theresa May fera une déclaration vers 11 heures (heure de Paris).

À gauche, les indépendantistes écossais du SNP essuieraient de lourdes pertes, à 34 sièges contre 54 précédemment, selon les projections.

Le parti europhobe Ukip perd son unique siège.

"Déçue", la Première ministre d'Ecosse Nicola Sturgeon a reconnu que la perspective d'un nouveau référendum d'indépendance de l'Ecosse, qu'elle appelait de ses voeux, avait pu handicaper son parti.

"Je suis tellement contente, c'est une véritable vengeance pour nous", s'est réjouie Sarah Holmes, 26 ans, fêtant le bon résultat du Labour dans un bar de Londres.

Pour Angus en revanche, c'est "un bazar complet pour faire court".

Après les surprises du Brexit et de l'élection de Donald Trump, "c'est la leçon des deux dernières années", commente Brian Klaas, de la London School of Economics.

Et a situation est d'autant plus brouillée que Le Brexit a été paradoxalement éclipsé durant la campagne par les questions de la protection sociale et de la sécurité, dans ce pays frappé par trois attentats en moins de trois mois.

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