La grand tante mise en examen, le grand oncle — Affaire Grégory

20 Juin, 2017, 11:31 | Auteur: Remi Laffitte
  • 3 1988 shows Albert and Monique Villemin grand-parents of Gregory Villemin who was found dead in the Vologne river in 1984 arriving at the courthouse in Dijon. The grand-mother of Gregory Villemin Monique Vill

Mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de mort, Marcel Jacob, 72 ans, est le grand-oncle de l'enfant décédé il y a 32 ans. Ils ont nié toute implication.

Ginette Villemin avait été placée en garde à vue mercredi avant d'être libérée jeudi soir.

Le nom de ce couple figurait depuis longtemps dans le dossier de l'affaire et les motifs de la mise en garde à vue sont nombreux: "complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d'empêcher un crime".

Une myriade d'acteurs ont été considérés comme suspects dans une affaire s'étalant sur plusieurs décennies, nourrie par les rancœurs familiales.

Un point presse du procureur général est prévu à 16 heures. Elles révèlent un lien entre trois lettres postées avant le crime et sa revendication. Le ou les "corbeaux" entrent en scène. Le lendemain de la mort de Grégory, Jean-Marie Villemin avait reçu une lettre anonyme: "Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils". Ce dernier, ouvrier sans diplôme devenu avec le temps contremaître dans l'usine automobile Autocoussin, est la cible de jalousie pour son poste de "chef".

Aujourd'hui mariée et mère de deux enfants, Valérie Delaite espère que la vérité soit établie: "Que la vérité éclate un jour, ce sera très bien vis àvis du petit Grégory, qu'il puisse reposer enfin en paix".

Ginette Villemin - la veuve de Michel Villemin, le frère de Jean-Marie - avait été arrêtée à 30 kilomètres de là, à Arches. On a pourtant peine à croire que l'incarcération de ces deux septuagénaires ait été décidée sur la seule base de nouvelles expertises graphologiques, peu scientifiques. Contremaître à l'usine Autocoussin, Jean-Marie Villemin est, avec son épouse, la cible d'appels et de lettres du corbeau.

Les indices, déroutants car parcellaires, distillés vendredi par le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, ne dévoilent pas d'informations fondamentalement nouvelles, à l'exception notable d'une expertise en écriture. "Il existe des similitudes". Au cœur de cette enquête qui dure depuis une trentaine d'années, une famille, un clan: les Villemin. "Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine".

"Il existe contre Bernard Laroche des charges très sérieuses d'avoir enlevé Grégory; en revanche (...), il est impossible d'affirmer que Grégory a été tué par Bernard Laroche", concluent les magistrats en 1993. Ils nient les faits qui leur sont reprochés, selon le procureur de la République de Dijon. L'individu à la moustache pourrait-il être Bernard Laroche? Et qui est cette femme? Murielle Bolle explique avoir pensé que le jeune garçon avait été remis à quelqu'un, sans jamais évoquer le rôle éventuel des Jacob. Ils avaient été élevés ensemble, la mère de Bernard étant morte le jour de sa naissance.

"Monique Villemin a été soupçonnée par beaucoup de ses proches de détenir la clé de l'énigme. Elle a toujours affirmé qu'il n'en était rien." . AFP Reproduction d'un extrait d'une lettre du corbeau à la famille Villemin.

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