Le ministre de l'Agriculture veut assouplir l'interdiction — Néonicotinoïdes

27 Juin, 2017, 17:35 | Auteur: Remi Laffitte
  • Le gouvernement envisage de réautoriser les pesticides tueurs d'abeilles et l'épandage aérien

Travert, nouveau Ministre de l'Agriculture, a sous-entendu ce matin que la France pourrait revenir sur l'interdiction des pesticides tueurs d'abeilles: les néonicotinoïdes.

La mesure interdit cette catégorie de pesticides dès le 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020, au cas par cas, quand il n'y a pas d'alternative à court terme.

Au cœur des jardins partagés du quartier de la Confluence, Nicolas Hulot a précisé avoir la chance de s'entendre "excessivement bien" avec la ministre de la Santé et de la Recherche et qu'ils allaient "bâtir ensemble une stratégie de santé et d'environnement".

Interrogé par RMC, ce dernier a affirmé que le document de travail n'était plus d'actualité et que les pesticides tueurs d'abeilles resteraient interdits.

Pourtant, l'argument avancé par le ministre de l'Agriculture n'est pas nouveau. Ainsi, selon RMC, le gouvernement envisagerait la possibilité de revenir sur des réformes majeures dans le domaine des pesticides, sous prétexte que la loi française irait plus loin que la législation européenne dans certains domaines.

En allant dans les studios de RMC/BFM TV lundi matin, Stéphane Travert s'attendait-il a déclencher une véritable tornade médiatique? "Il y a une loi qui a été votée lors du dernier quinquennat qui se trouve ne pas être en conformité avec le droit européen", explique-t-il, arguant de "la volonté" du gouvernement "de pouvoir gérer les impasses techniques" pour des produits "qui n'ont pas de substitution".

Lire aussi: Néonicotinoïdes et loi Biodiversité: un débat sans fin? La toxine insecticide reste active dans le sol ou dans la plante pendant plusieurs mois, afin d'assurer la protection de la plante jusqu'à la récolte, et au delà. L'interdiction concernait trois molécules: la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame. En pointe dans le combat pour l'interdiction de ces pesticides lorsqu'il était à la tête de sa fondation, Hulot a d'abord assuré que rien n'était arbitré. On les retrouve donc sur les feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi dans le pollen et le nectar. On les retrouve partout, a démontré une étude commandée par Greenpeace à Dave Goulson, professeur à l'université du Sussex (Royaume-Uni): dans les points d'eau et ils persistent longtemps dans les sols. Ils ont des impacts sur les pollinisateurs et des effets supposés sur la santé humaine, notamment sur le développement du système nerveux humain.

Avec l'apparition des insecticides néonicotinoïdes et le fipronil en France en 1994, les mortalités observées dans les ruchers sont passées de 5 à plus de 30 %.

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