Paris Match publie des photos de l'attaque de Nice

14 Juillet, 2017, 21:12 | Auteur: Gregory Millet
  • Bougies et message à la mémoire des victimes de l'attentat à Nice le 16 juillet 2016ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Après le défilé du 14-Juillet, Emmanuel Macron s'est rendu à Nice pour assister aux cérémonies d'hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, qui avait fait 86 morts sur la Promenade des Anglais. Le parquet de Paris a demandé ce jeudi 13 juillet le retrait en urgence du magazine Paris Match, selon Le Parisien. Une enquête a été ouverte pour, "violation du secret de l'instruction et recel". Lors de son allocution, le Président a dit "comprendre la colère" ressentie contre l'État après l'attentat et promis que "tout sera [it] maintenu" dans l'aide aux victimes du terrorisme. La justice examinera cette requête à 12H00 GMT.

Christian Estrosi, le maire de Nice, a également critiqué la publication d'images "insoutenables et abjectes", "qui ne manquera pas de raviver la douleur des familles".

Quatre-vingt-six bougies seront allumées en souvenir des personnes qui ont été tuées sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016. "Chez les adolescents, on peut voir des symptômes assez sévères comme des difficultés à retourner dans les écoles ou les lycées, explique la spécialiste. Des peurs que les choses reviennent, des craintes de perdre quelqu'un, des angoisses de séparation assez profondes". Le directeur de la rédaction a évoqué le droit à l'information et le devoir de mémoire. Les enquêteurs tenteront de savoir notamment comment la rédaction de Paris Match a pu avoir accès à ces images. Olivier Royant ajoute: "Elles sont publiées dans un souci de compréhension des événements".

La veille, dans un communiqué signé de leur avocat, Me Eric Morain, les associations ont dénoncé une initiative effectuée "sans précaution aucune", "publiée uniquement pour faire du sensationnel" et qui "porte atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches". "On se sent coupable d'avoir été victime, éclaire Florence Askénazy. Donc, la reconnaissance symbolique nationale va aider à traiter cette culpabilité et les parents vont pouvoir reprendre une vie psychique plus tranquille".

"Quant aux photos du camion cette nuit-là, largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, et encore ces jours-ci dans des émissions de télévision à grande audience, il s'agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité", a-t-il estimé.

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