Meurtre de Sarah Halimi : Macron demande "de la clarté" à la justice

17 Juillet, 2017, 19:57 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Antisémitisme

Ce meurtre suscite de nombreuses réactions, notamment depuis que le parquet a choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

La justice va devoir faire preuve de "clarté".

Emmanuel Macron lors de la commémoration des 75 ans de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 2017 à Paris.

Dans son discours, le président de la République est ensuite revenu sur le meurtre de Sarah Halimi, femme juive de 66 ans torturée et défenestrée dans la nuit du 3 au 4 avril dernier, la considérant comme victime de la haine antisémite. Son voisin, Kobili Traoré, un musulman radicalisé au lourd casier judiciaire, s'était introduit chez elle en passant par l'appartement d'une famille d'amis. "Puis aux cris d'" Allahou akbar!

Associations, parties civiles et intellectuels demandent à la justice d'enquêter sur le caractère antisémite de l'agression mortelle de Sarah Halimi.

"Un jour, parce qu'on s'est tu, parce qu'on n'a pas voulu voir, le passage à l'acte intervient. Alors ce qui était des mots, ce qui n'était chez les uns que de la haine formulée différemment, et chez les autres une forme de lâcheté et une complaisance à ne pas vouloir voir, alors ça devient des vies fauchées et des gestes qui tuent", a affirmé M. Macron en évoquant l'antisémitisme. De quoi déclencher la colère des proches de Sarah Halimi et de leur avocat, Gilles-William Goldnadel, qui a dénoncé "une manière de déni de l'antisémitisme". Ils croyaient le suspect en train de séquestrer une famille dans l'immeuble voisin et attendaient des renforts, craignant d'avoir à faire à un islamiste armé.

Le chef de l'Etat a énuméré les noms des victimes de meurtres et attentats antisémites ces dernières années: Ilan Halimi, tué par le gang des barbares, Jonathan Sandler et ses deux fils Aryeh et Gabriel, tués en mars 2012, ainsi que les morts de l'attentat de l'Hypercacher en janvier 2015: Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Le meurtrier présumé a nié toute dimension antisémite de son acte, dans ses premières dépositions dévoilées par L'Express, et la justice n'a pour l'instant pas retenu la qualification de crime antisémite.

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