Baghdad refuse le référendum sur l'indépendance du Kurdistan

13 Septembre, 2017, 22:47 | Auteur: Edgar Lajoie
  • LE PARLEMENT IRAKIEN REJETTE LE RÉFÉRENDUM KURDE

Le Parlement irakien a rejeté mardi le projet de référendum sur l'indépendance de la région autonome du Kurdistan irakien prévu pour le 25 septembre, a-t-on appris de source parlementaire.

Ali al-Safi, membre de l'Alliance nationale (le plus important bloc chiite au parlement), a déclaré à Anadolu que le Parlement irakien a voté à la majorité contre la tenue du référendum pour l'indépendance. Le vote du Parlement, a-t-il encore précisé, "impose au Premier ministre de prendre toutes les mesures pour protéger l'unité de l'Irak et d'entamer un dialogue sérieux" avec les autorités de la région autonome du Kurdistan irakien, située dans le nord du pays. En signe de protestation, les députés kurdes ont quitté le Parlement.

Les autorités fédérales n'ont cessé de répéter ces derniers mois que la consultation était contraire à la Constitution.

D'autres pays s'opposent également à ce référendum, y compris les deux pays voisins, l'Iran et la Turquie, qui possèdent tous deux des minorités kurdes importantes. Le référendum divise néanmoins les Kurdes irakiens, qui adhèrent tous au rêve d'un Etat kurde, mais discutent de l'opportunité du calendrier choisi par l'actuel président de la région autonome Massoud Barzani. Certaines estiment qu'il pourrait être un obstacle à la lutte contre les jihadistes, menée depuis 2014 conjointement par les forces irakiennes et les peshmergas, les combattants kurdes. Mais le responsable kurde a exigé des "garanties" et des "alternatives pour repousser ou annuler le référendum".

La prochaine échéance annoncée par le pouvoir central est la reprise de Hawija, l'un des deux derniers bastions du groupe Etat islamique (EI) en Irak, qui se trouve dans la province de Kirkouk. Ankara, qui compte plusieurs millions de Kurdes, a par exemple fait cette proposition de façon officielle, tandis que l'Iran l'a formulée de façon informelle en envoyant des diplomates rencontrer notamment M. Barzani. De même que Bagdad, qui cherche à ´´affaiblir le Kurdistan´´, avec lequel il mène depuis des années un bras de fer notamment sur des questions de répartition des richesses -en particulier pétrolières-.

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