L'ONU demande l'arrêt du nettoyage ethnique — Rohingyas en Birmanie

16 Septembre, 2017, 07:51 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Des réfugiés rohingyas de Birmanie arrivent en bateau à Teknaf le 12 septembre 201 au Bangladesh  © AFP  MUNIR UZ ZAMAN

Le premier ministre Justin Trudeau a exprimé mercredi ses "vives inquiétudes" à la leader birmane Aung San Suu Kyi relativement au traitement réservé aux musulmans et à d'autres minorités religieuses du Myanmar.

Il semble que l'on ait à faire à "un exemple classique de nettoyage ethnique", a affirmé en début de semaine le Haut-Commissaire de l'Onu aux droits de l'Homme. "Personne ne veut un retour à un régime militaire en Birmanie, personne ne veut un retour des généraux". Il a réclamé 'des pas immédiats' pour faire cesser la violence. S'agit-il de nettoyage ethnique?

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, l'ex-dissidente et Prix Nobel de la paix, est sous le feu des critiques à l'international pour sa position ambiguë sur le sort de cette minorité musulmane persécutée en Birmanie. L'an dernier, pour sa première intervention à la tribune de l'Assemblée générale des Nations-Unies, la "Dame de Rangoon" avait promis de "s'opposer fermement aux préjugés et à l'intolérance".

Pressée de s'exprimer par la communauté internationale, mais devant maintenir un précaire équilibre dans ses relations avec la très puissante armée birmane, Suu Kyi prononcera finalement le 19 septembre un discours télévisé sur la situation au Rakhine, ont annoncé ses services. Depuis fin août, plus de 370 mille Rohingyas ont franchi la frontière vers le Bangladesh pour fuir une opération de l'Armée birmane dans l'Etat de Rakhine. Cette communauté souffrant de la dégradation de leur situation humanitaire continue de fuir l'horreur engendrée par la flambée de violences depuis fin août. Autorités locales et organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine, d'une ampleur sans précédent pour ce conflit.

Les réfugiés arrivent au Bangladesh épuisés, démunis, affamés, après des jours de marche sous la pluie. Lors de son seul commentaire officiel sur cette crise, la cheffe du gouvernement birman avait dénoncé un " iceberg de désinformation " sur les Rohingyas et défendu l'action de l'armée.

Par ailleurs, dans une lettre ouverte au Conseil de sécurité, une dizaine de prix Nobel ont appelé les Nations unies à "des actions audacieuses et décisives".

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