Hassan Rohani réplique à Donald Trump

21 Septembre, 2017, 13:04 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Emmanuel Macron début septembre en Grèce

"D'après le chef du gouvernement belge, la remise en cause de cet accord par le président américain Donald Trump peut constituer un momentum politique pour l'Union européenne".

Paris voudrait aussi ouvrir des discussions sur des sujets annexes, comme le rôle de l'Iran au Moyen-orient, ou son activité balistique qui s'accroît. Une non certification ouvrirait la voie à une réimposition de sanctions déjà levées, casus belli pour Téhéran. L'accord est l'un des "pires" jamais conclus par Washington, c'est "un embarras", a-t-il lancé devant les dirigeants du monde entier. Les Etats-Unis ne resteront dans l'accord que si des "changements" sont "introduits", car le texte "doit vraiment être revisité", a même déclaré Rex Tillerson.

Hormis le soutien d'Israël, les Etats-Unis sont isolés, d'autant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le respect des engagements des Iraniens, a sans cesse validé leur attitude depuis la conclusion de l'accord en juillet 2015. Il est soutenu en cela par les Européens et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

"L'Iran refuse de renégocier l'accord nucléaire de 2015 et réagira avec " détermination " si Donald Trump, qualifié de " voyou ", devait le dénoncer, a prévenu mercredi le président iranien Hassan Rohani devant l'ONU, au lendemain d'un virulent discours du président américain.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part proposé de conserver le " bon accord " de 2015, mais d'y " ajouter deux ou trois autres piliers " qui porteraient sur le contrôle des missiles balistiques, ce qui se passera après 2025, ainsi que sur la situation actuelle dans la région.

" Il serait dommage que cet accord soit bafoué par des voyous qui viennent d'arriver sur la scène internationale", a-t-il ajouté, reprenant le terme utilisé la veille par le président américain, qui a parlé d'Etat-voyou pour désigner l'Iran.

Pour tenter de le sauver, la France a mis sur la table la possibilité d'apporter un "complément" pour l'après-2025, date à laquelle tomberont certaines restrictions imposées par l'accord. "Selon lui, " le défaut le plus flagrant " est qu'il " ne fait que remettre le problème à plus tard ". Pour Téhéran, ce serait la goutte qui ferait déborder le vase, et la fragile entente sur l'interdiction de la mise au point d'armes nucléaires par l'Iran volerait en éclats. Behnam Ben Taleblu, du groupe de pression conservateur Foundation for Defense of Democracies, très critique envers l'accord iranien, pense au contraire qu'une "ligne dure contre Téhéran" renforcerait la "crédibilité des Etats-Unis" et les placerait en position de force lors d'éventuelles futures négociations avec la Corée du Nord.

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