Macron veut mieux rémunérer les paysans

12 Octobre, 2017, 01:22 | Auteur: Stephane Girardot
  • Agrodistribution

Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il légiférerait par ordonnances pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et distributeurs, à condition qu'ils réorganisent leurs filières de production, dans un discours très attendu visant à augmenter le revenu des paysans en crise.

- Le relèvement du SRP sera compris dans les ordonnances du premier semestre 2018 mais le président demande en retour à l'ensemble des acteurs, de conclure pour la fin de l'année des plans de filières.

"Nous ne devons pas avoir une approche uniforme", il continuera d'y avoir une "pluralité productive", et des "dynamiques régionales" qui doivent rester fortes, a-t-il ajouté en citant le bio, les labels, les régions. "La revalorisation du seuil de revente à perte était un sujet crispant, il l'a cadencé", a également salué Mme Lambert: "il y a des avancées que nous attendions, il a parlé d'ordonnances pour aller vite, ceci nous satisfait".

À propos du seuil de revente à perte dans la grande distribution, dont les agriculteurs demandent le relèvement, il est resté prudent en demandant au préalable, pour la fin de l'année une organisation des secteurs agricoles et agro-alimentaire par filières. "Nous nous engagerons à travers des chartes, filière par filière", a répondu Serge Papin, président de Système U. "Nous travaillerons collectivement sur une charte", a confirmé Jacques Creyssel, pour la fédération du commerce et de l'industrie.

"Vous devez vous organiser dans les territoires pour changer les modèles productifs", a-t-il dit.

"Il ne faudrait pas non plus tomber dans la facilité d'un accord entre producteurs, industriels et distributeurs qui omettrait les consommateurs", a-t-il prévenu.

Le patron des supermarchés Leclerc, qui avait agacé les agriculteurs tout comme ses concurrents en mettant en garde contre une hausse générale des prix à l'issue des États généraux, s'est félicité de voir Emmanuel Macron exiger une transformation générale du secteur agricole.

À l'adresse des associations de consommateurs, il a affirmé que le Ceta, l'accord de libre échange conclu entre l'UE et le Canada et entré provisoirement en application le 21 septembre, respectera les normes européennes de santé et d'environnement. L'État doit prendre en compte cette demande d'agriculture saine et durable de la part du consommateur, qui entraînerait une montée en gamme de nos productions et une montée des prix payés aux agriculteurs, au lieu de se contenter de faire du volume pour l'exportation. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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