Lafarge en Syrie: l'ex-ministre Laurent Fabius prochainement entendu?

13 Octobre, 2017, 14:37 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius ancien ministre des Affaires étrangères pourrait être auditionn

Une demande "d'acte" a été déposée cette semaine auprès des juges d'instruction du tribunal de Paris.

Lafarge, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, est au coeur d'une enquête sur les liens qu'il a pu entretenir, notamment avec l'EI, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya (nord de la Syrie) en 2013 et 2014, malgré le conflit.

L'ONG Sherpa demande à la justice d'auditionner Laurent Fabius dans l'enquête sur les activités du cimentier français Lafarge en Syrie, ainsi que deux anciens ambassadeurs en Syrie, révèle France Info vendredi 13 octobre. Ils réclament par ailleurs l'audition de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016, période pendant laquelle la filiale syrienne de Lafarge est soupçonnée d'avoir versé de l'argent à des organisations terroristes, notamment à Daesh, rapporte franceinfo. "Le quai d'Orsay nous dit qu'il faut tenir, que ça va se régler (.) On allait voir, tous les six mois, l'ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit: 'Maintenant il faut que vous partiez'", a relevé Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel, ont dévoilé les enquêteurs début octobre. "L'État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité". C'est le deuxième chef d'accusation sur lequel la justice enquête, celui de " mise en danger d'autrui ". Selon Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux chez Sherpa, interrogée par France Info, "la justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire".

A ce jour, quatre anciens employés syriens ont été entendus par les magistrats instructeurs.

Plusieurs dirigeants du cimentier ont affirmé cependant que le quai d'Orsay était informé des activités de l'entreprise. Selon Sherpa, un ancien cadre de Lafarge, qui a travaillé 30 ans pour le groupe, "a déclaré avoir été en contact régulier avec le Quai d'Orsay, qui n'a jamais dit à Lafarge d'arrêter (ses activités en Syrie), bien au contraire". Une version contestée par une source diplomatique.

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